LES DROITS DES FEMMES

Posté le 29 novembre, 2009 dans Droits des femmes

En conclusion de l’article publié dans Le Monde du 19 novembre dernier, à propos de la ‘Journée internationale pour l’élimination de la violence faite aux femmes’ du 25 novembre, Suzy Rojtman et Maya Surduts, porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes, écrivaient que la France « …est le pays des droits de l’homme mais certainement pas celui des droits des femmes ».

Pour étayer leur affirmation, elles rappellent qu’en France les femmes perçoivent en moyenne un salaire de 27% inférieur à celui des hommes, que le nombre de femmes députées place le pays au 57ème rang dans le monde, que la pression pour remettre en question le droit à l’avortement se fait de plus en plus forte. Elles terminent en soulignant la tragique et persistante absence dans les textes fondamentaux du pays de l’oppression subie par les femmes.

En Italie, un pays où tant de femmes sont réduites à être des objets tout juste bons à faciliter la vente des produits les plus disparates, à amuser un public masculin scotché 24/24 heures à la télévision et exclusivement intéressé à certains détails de leur anatomie, à égayer les soirées du satyre plutôt mûr qui exerce la fonction de chef du gouvernement et de nombreux Italiens dont le plus ardent désir est de lui ressembler, les choses ne vont certes pas mieux.

Peu de progrès depuis ce 17 décembre 1999, jour où l’Assemblée générale de l’ONU proclama le 25 novembre – date choisie en 1981, par ceux qui luttaient pour les droits des femmes, comme journée de lutte contre les violences, en souvenir des trois sœurs Mirabal, militantes dominicaines assassinées le 25 novembre 1960, sur ordre du chef de l’Etat Rafael Trujillo – « Journée internationale pour l’élimination de la violence faite aux femmes » et invita les gouvernements, les organisations internationales et les ONG à promouvoir des initiatives destinées à sensibiliser l’opinion publique de chaque pays à ce problème.

En France, pas moins de 156 femmes ont perdu la vie en 2008 à cause de leur conjoint ou ex conjoint, tandis que, selon une enquête réalisée en 2000, il y eut 48 000 viols dont seulement 5% firent l’objet d’un dépôt de plainte: face une telle situation, l’Etat continue à ne trouver rien de mieux que la répression – de forme plus que de substance – négligeant ou ignorant la nécessité de la prévention pour affronter et résoudre un phénomène qui ne donne aucun signe de décroissance.

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles seule une infime partie des viols fait l’objet d’un dépôt de plainte, avec la nette prédominance de deux d’entre elles: la première, c’est que, aujourd’hui encore, beaucoup de femmes craignent, souvent à juste titre, que le viol ne suscite le mépris (non pas envers le violeur, comme ce serait naturel, mais envers la femme violée) et la seconde, c’est que dans de nombreuses régions du monde est encore en vigueur un système judiciaire qui va accuser la femme violée de délit d’adultère (dans certains pays, elles est, encore aujourd’hui soumise à la lapidation).

Dans le monde, une femme sur trois est agressée ou violée au cours de sa vie et dans 114 pays les hommes ne sont toujours pas condamnés pour les violences commises sur des femmes, et même lorsqu’ils les torturent ou les tuent par jalousie, ils se voient condamnés à des peines légères quand ils ne jouissent pas d’une totale impunité: la violence conjugale est une des formes les plus communes de violence faite aux femmes et elle est une des causes de mort et de persécution dans la plupart des cas (une femme sur quatre est violée au domicile conjugal).

En France, où existent des lois qui sanctionnent les violences contre les femmes, on manque de mesures d’accompagnement telles que centres d’accueil, structures de formation professionnelle ou tout autre équipement qui pourrait rendre ces lois applicables dans la réalité et si, depuis 2002, la violence morale sur le lieu de travail est sanctionnée, il reste à définir la violence psychologique au sein d’un couple.

En Europe, seuls deux pays combattent efficacement la violence contre les femmes: la Suède et l’Espagne. Dans ce dernier pays, a été approuvée en 2004 une « Loi organique contre la violence de genre » qui représente un véritable saut de qualité et en recouvre tous les aspects: éducatifs, préventifs, sociaux, judiciaires et financiers, ce qui touche à la publicité, à la santé, à la formation professionnelle, à la protection des victimes, au foyer conjugal, à l’accueil des femmes menacées, etc.

Depuis décembre 2007, le groupe de la gauche démocratique et républicaine de l’Assemblée nationale et le groupe communiste au Sénat ont présenté une proposition de loi cadre contre les violences faites aux femmes, rédigée par le Collectif national pour les droits des femmes, mais elles savent bien, les femmes, que si ces violences existent et ne tendent pas à diminuer c’est parce qu’elles permettent un contrôle social sur la femme auquel cette société, telle qu’elle est structurée, ne peut en aucune façon renoncer.

Giustiniano Rossi

traduit de l’italien par marieclaude

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