Deuxième diner-débat SUR LA LIBERTE D’EXPRESSION au café-resto 3, rue d’Aligre

Posté le 5 décembre, 2009 dans Initiatives de l'Association "Carlo Giuliani" Paris, Liberté d'expression

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Mardi 1er décembre 2009, l’association Carlo Giuliani de Paris a organisé, au siège de la Commune libre d’Aligre, son deuxième dîner-débat sur la liberté d’expression.


Du côté de la presse sont intervenues Patrizia Molteni, rédactrice en chef de FOCUS, revue qui traite de la culture, de la politique et de la société italiennes vues de la France, accompagnée de deux journalistes français et Doucha Belgrave, journaliste indépendante, du groupe des Femmes en Noir et membre de l’Union Juive pour la Paix.

Giustiniano Rossi, président de l’association Carlo Giuliani de Paris présente à l’assemblée – une trentaine de personnes – cette seconde soirée rendue nécessaire après que la première, traitant du même sujet, n’ait pas permis de permettre à tous de s’exprimer, étant donnée la richesse en quantité et en qualité des problèmes soulevés.

Doucha Belgrave souligne à quel point la situation des rédactions en France a profondément changé: la profession de journaliste est devenue précaire, les journalistes de rédaction sont de plus en plus rares et les commandes d’articles s’amenuisent.

Patrizia Molteni parle de la situation très grave en Italie, et développe plus particulièrement le récent épisode concernant l’écrivain Antonio Tabucchi qui avait publié dans l’Unità, le 20 mai 2009, un article sur les limites du journalisme intitulé « Les faits et les poisons », à propos de ce que l’on peut encore dire et de ce dont on ne doit pas parler. Dans cet article, l’écrivain citait le président du Sénat, Schifani, en se demandant s’il ne serait pas opportun de vérifier « si, en d’autres temps, il avait fréquenté en Sicile de douteux personnages condamnés pour appartenance à la mafia », en précisant que Schifani avait été lavé de ce soupçon. Peu de temps après, le sénateur Schifano porte plainte pour diffamation contre l’écrivain – et non pas contre le journal qui a publié l’article – en lui demandant 1,3 millions d’euros de dédommagement. Contrairement à un journal, un journaliste a peu de moyens pour se défendre. On voit bien là en œuvre une stratégie de l’intimidation. Alors que cet épisode est considéré dans toute sa gravité à l’étranger – une pétition a été lancée en France –, en Italie, on ne parle presque que de la pétition lancée par Saviano sur la Repubblica.

Salvo Falcone, trésorier de l’association Carlo Giuliani, évoque les lourdes condamnations infligées à un groupe de manifestants du G8 (Gênes, juillet 2001), après que les responsables de la mort de Carlo Giuliani, des tortures et de la fabrication de fausses preuves ont été condamnés à des peines légères, ou acquittés. Il informe l’assemblée qu’un mouvement NoG8 France s’est constitué et qu’a été créé un site Internet du même nom, sur l’initiative d’étudiants et de chercheurs qui, étant donné l’absence de fonds pour la recherche en Italie, tentent de rester en France. Ce mouvement appelle à une manifestation – No-B day – qui se déroulera en même temps à Rome, dans d’autres villes italiennes et à l’étranger, à 14 heures, le samedi 5 décembre 2009 (pour Paris, au Trocadéro). En Italie, où les opposants à Berlusconi sont étiquetés de communistes, la presse n’en parle pas. Seules de rares émissions télévisées, sans cesse menacées, sont restées indépendantes. L’association Carlo Giuliani organisera prochainement un dîner-débat en présence et avec la participation de Haidi Gaggio Giuliani, la mère de Carlo Giuliani.

Nicholas Thomas, secrétaire de l’association Carlo Giuliani, parle des résultats des procès de Gênes qui ont ignoré les faits et leurs responsables, avec la complicité d’une grande partie de la presse et de la télévision. En Italie, et surtout à l’étranger, ils sont encore très nombreux à ne pas connaître la vérité, malgré l’abondance des témoignages filmés.

Doucha Belgrave, évoque la grave situation des femmes en France (145 femmes tuées par leur compagnon en 2008) et le silence dont les médias entoure ce sujet. Elle soutient qu’il faut se distancier d’un comportement purement défensif.

La censure ou l’auto-censure de la part des médias peut induire une impression de recul, mais les luttes des sans-papiers, des salariés licenciés, des précaires, des sans toit, des squatters démontrent qu’il n’en est rien.

Il s’agit d’opposer à la stratégie de ceux qui veulent détourner l’attention des véritables problèmes en proposant de faux objectifs (la peur de l’immigré, du « différent ») une autre stratégie, qui esquisse un projet d’alternative de société.

Giustiniano Rossi

traduit de l’italien par marieclaude

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