Nucléaire, non merci!

Posté le 28 février, 2010 dans Nucléaire

Dans le silence presque total des médias – compréhensible par le fait qu’ils sont en grande partie directement ou indirectement sous le contrôle de l’homme qui a réussi à éviter la condamnation dans seize procès, dont quatre encore en cours –, ignorant la volonté populaire exprimée par un référendum qui, il y a 23 ans, dit non aux centrales nucléaires et les protestations de tous ceux qui ont à cœur ce qui reste en Italie d’environnement agonisant, où des éboulements, des glissements de terrain, des inondations, absolument prévisibles, effacent désormais des villages entiers, le gouvernement italien présidé par cet homme décide de revenir à la coûteuse, anachronique et dangereuse option nucléaire.

Un tel choix qui, s’il était mis en œuvre, engloutirait une incalculable quantité d’argent – comme l’enseigne l’expérience française aux prises avec les coûts exorbitants des centrales dotées de réacteurs de nouvelle génération – est présenté au contribuable italien comme un moyen de réduire les factures qui augmenteront de 15% au lieu de diminuer, alors que l’on ne dit mot de l’intention de réduire de 20% les facilitations accordées pour promouvoir l’énergie solaire, ni de la perte de milliers d’emplois dans le secteur des énergies renouvelables.

Naturellement, devant l’imminence des élections régionales et aux prises avec les fameux sondages d’opinion qui ne parviennent plus à cacher la fatigue d’un électorat pro-Berlusconi qui commence à comprendre que le « gouvernement du faire » n’est autre que le « gouvernement du faire ce qui lui plait », on ne dit pas dans quelles régions ni dans quelles villes ces centrales seraient construites.

Le gouvernement Berlusconi inflige un coup mortel aux énergies renouvelables, à l’innovation et à la recherche sur les énergies du futur et dilapide en même temps 32 milliards d’euros pour construire des centrales nucléaires vielles avant d’être opérationnelles, une terrible menace pour l’environnement et pour la santé publique.

Ce gouvernement qui soutient que l’énergie nucléaire serait meilleur marché que l’énergie solaire ou éolienne, fait mine d’ignorer les énormes dépenses nécessaires au soutien des programmes nucléaires: alors qu’il ne nous est pas donné de savoir ce que l’option nucléaire a coûté à la France, où cependant le nucléaire civil est lié au nucléaire militaire, l’on dispose de données concernant le programme nucléaire allemand dont le financement de 1950 à aujourd’hui se monte à 165 milliards d’euros (données du Ministère de l’Environnement allemand).

En réalité, le secret que ce gouvernement – dont le président a fait la joie des constructeurs de chars allégoriques à l’occasion du Carnaval dans les villes européennes et celle du public assistant aux défilés – maintient au sujet de la localisation des centrales est un des nombreux secrets de Polichinelle: il s’agit de Montalto di Castro (province de Viterbo), de Borgo Sabotino (province de Latina), de Trino Vercellese (province de Vercelli), de Caorso (province de Piacenza), de Oristano, de Palma di Montechiaro (province d’Agrigente), de Monfalcone (province de Gorizia) et de Chioggia (province de Venise).

Enfin, l’ex centrale du Garigliano (entre Latina et Caserte) accueillera le dépôt national de déchets radioactifs, si tant est que ce gouvernement et sa gestion farfelue de la chose publique et de l’économie nationale dans l’intérêt d’une clique d’affairistes, de corrupteurs et de corrompus, dirigée par un ex franc-maçon, réussisse à se maintenir en selle le temps nécessaire à la réalisation de ses projets irresponsables.

Giustiniano Rossi

traduit de l’italien par marieclaude



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