8 mars

Posté le 8 mars, 2010 dans Droits des femmes

La Poésie, la Femme, l’oeil humide de la flamme,

Qui se souvient d’un jour avoir lu son regard

Quand passait la première l’autre fuyait son âme

Dans un baiser factice qui comblait son retard.

L’Homme, éternel satisfait, que l’Amour rend aveugle

Lisait dans les pensées des blondeurs parfumées

L’écriture bien en chair de ses désirs bégueules

Que la jupe des mots soulevait en fumées.

La Poésie dansait sur tous les quais du monde

La Femme se targuait de chavirer les coeurs

Mais à l’aube mafflue frappait la bête immonde

Réduisant à néant les navires enchanteurs.

L’Homme, éternel vagabond, l’oeil humide de vagues

Tournait ses horizons lassés d’abîmes sales

Et d’un trait de crayon filant comme on divague

Dessinait des poissons aux courbes abyssales.

La Femme s’en amusait ; la Poésie peignait les flots

De couleurs mates, sur des toiles à matelas zébrées

Comme le sont toujours les maillots matelots

Sur le pont des soupirs : blancs, bleus, décérébrés.

L’Homme, cet éternel idiot, embrassait l’Avenir

Dans un baiser factice qui comblait son retard

Cherchant l’âme des corps, l’amer des souvenirs

Dans l’alangui des poses et le rebond des phares.

La Poésie, la Femme, en haut des barricades

En un combat serein luttaient sans concession

Pour les hommes oubliés qui tombaient en cascade

Dans les nasses serrées d’illusoires élections.

L’Homme, cet éternel croyant, mit à l’heure ses pendules :

Faisant face à la mer il vit se profiler ce regard incrédule

Que la vague parfume, et qu’irise la Femme dont le baiser

Prend feu, quand renaît sur ses lèvres la Poésie des quais.

de Altern@tives-P@loises

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