Un 17 octobre d’il y a 49 ans à Paris

Posté le 17 octobre, 2010 dans Fenêtre sur la France, Guerres, Histoire, Immigration - Intégration, Massacres et attentats, Pour ne pas oublier, Répression

Dimanche 17 octobre 2010 à 17 heures sur le pont Saint-Michel, là où de nombreuses victimes furent jetées à la Seine il y a 49 ans, les associations, les partis et les mouvements

ACCA (Agir Contre le Colonialisme Aujourd’hui), AFASPA (Association Française d’Amitié et de Solidarité avec les Peuples d’Afrique), Les Alternatifs, AFAPREDESAFRANCE (Association des Familles et des Prisonniers et Disparus Sahraouis), AL (Alternative Libertaire), AMF (Association des Marocains en France), Association les amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs compagnons, ANPROMEVO (Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS),APCV (Agence de promotion des cultures et du voyage), Au Nom de la Mémoire, ASDHOM (Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc), ASF ( Association des Sahraouis en France), ATMF (Association des Travailleurs Maghrébins en France), CORELSO ( Comité pour les Respect des Libertés et des Droits de l’Homme au Sahara Occidental), FASE (Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique), FTCR (Fédération des Tunisiens Pour Une Citoyenneté Des Deux Rives), LDH (Ligue des Droits de l’Homme), MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples), NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), PCF (Parti Communiste Français), PCOF (Parti Communiste Ouvrier de France), PG (Parti de Gauche), Respaix Conscience Musulmane, Réveil des Consciences, Ruptures,

ont appelé à manifester pour rappeler que ce jour-là, à l’occasion d’une manifestation pacifique qui protestait contre le couvre-feu imposé aux Algériens, la police sous les ordres du préfet de Paris, Maurice Papon, déjà responsable sous l’Occupation de la déportation des Juifs de la région de Bordeaux, se rendit responsable d’un véritable massacre: 300 morts, 400 disparus et 3000 blessés, 11000 personnes arrêtées et torturées.
Les organisateurs de la manifestation exigent la reconnaissance officielle du crime commis par l’Etat français les 17 et 18 octobre 1961 et revendiquent pour tous, historiens et citoyens, l’accès aux Archives car, 49 ans aprés, la vérité a du mal à venir à la lumière. La France n’a  encore reconnu sa responsabilité ni dans les guerres coloniales – en particulier la guerre d’Algérie – ni même dans la série de drames et d’horreurs qu’elles ont comportée. Encore aujourd’hui certains osent continuer à parler de « bénéfices de la colonisation », le pouvoir encourage les nostalgiques de l’Algérie Française et de l’OAS et, malgré des propos parfois ambigus et contradictoires sur le passé colonial de la France, la politique menée par le président de la république témoigne d’une réelle volonté de le réhabiliter.

 Depuis sa nomination, Hubert Falco, Secrétaire d’Etat aux ex-combattants, multiplie les hommages rendus à ces nostalgiques. Le 19 octobre prochain, il lancera la « Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algériee », la dotant de plus de 7 millions d’euros, en application de l’article 3 de la loi du 23 février 2005. Même si une ligne de l’article 4, qui visait initialement à inciter les enseignants à présenter les « aspects positifs de la colonisation », a aujourd’hui disparu, cette Fondation semble subir l’influence des associations nostalgiques qui voudraient pouvoir exiger que les historiens se plient à la mémoire de « certains » témoins. Pour être fidèles à leur mission scientifique, les historiens ont besoin de pouvoir accéder librement aux archives, de pouvoir collaborer avec leurs homologues de part et d’autre de la Méditerranée sans subir le contrôle des pouvoirs ou des groupes de pression. Mais la loi sur les archives votée en 2008 fixe des délais pour la consultation des dossiers judiciaires qui retarderont, en particulier, les recherches sur l’organisation criminelle de l’OAS. La recherche de la vérité sur cette période obscure de notre histoire s’impose, comme elle s’imposait sur celle de la collaboration de Vichy avec l’Allemagne nazie. Ce n’est qu’à ce prix que pourra disparaître la conséquence la plus grave de la Guerre d’Algérie, à savoir le racisme dont sont victimes aujourd’hui de nombreux citoyens d’origine maghrébine ou des ex colonies, y compris sous forme de violences policières parfois homicides.

Un racisme et une violence dont savent aussi quelque chose les travailleurs sans papiers, en grève depuis des mois, qui occupent la Cité nationale de l’histoire de l’immigration pour dénoncer le non respect par le gouvernement de ses engagements ainsi que les Roms, raflés et expulsés du territoire français au mépris des lois mêmes de l’Union européenne.

Giustiniano Rossi
traduit de l’italien par marieclaude

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