Monopoly planétaire

Posté le 29 février, 2012 dans Economie

Les yeux rivés sur un écran d’ordinateur, le seul mouvement du boursicoteur/investisseur est celui d’une main cliquant sur une souris, dont le seul but est générer du profit en misant au casino, pardon la bourse.

Allumant la radio, les journalistes s’enthousiasment sur une histoire de «  triple A » sans expliquer à quoi correspond un seul des trois « A ». Puis on nous parle d’ « indice de confiance des investisseurs » et que « le CAC(A) 40 revient sur des plus hauts de six mois dans l’espoir d’un accord qui permettrait de rassurer les marchés et d’éviter un défaut », ou qu’« exposées à la dette des pays de la périphérie de la zone euro, les banques progressent sur l’espoir d’un règlement de la situation en Grèce ».

En mars 2011, alors que la crise nucléaire au Japon ne cesse de s’aggraver, on entendait que : « la panique qui a touché la Bourse de Tokyo, a gagné les principales Bourses européennes qui ont fortement reculé ».

« Confiance », « Espoir » et on voit s’envoler les marchés financiers, « Crainte », « Panique » et voilà qu’ils baissent ou s’effondrent. Les marchés financiers fonctionnent-ils comme des montgolfières, y-a-t’il un air de stupidité qui souffle à l’intérieur, ou un vent de folie qui agite les prédateurs ?

N’importe quel investisseur/boursicoteur, va profiter de ces hausses et baisses pour attraper le magot, sans se poser de questions, l’esprit éloigné des réalités du monde, trop concentré sur son graphique. Un peu comme le consommateur qui pousse son caddie vers des produits qui l’arrangent côté qualité/prix, mais ignorant tout de leur impact social et environnemental.

À propos de cette histoire de triple A, il faut savoir que depuis 2008, le fonds américain Avenue Capital affiche un rendement spectaculaire de 18,5 % parce qu’il spécule sur la perte des triples A européens. Les traders de ce fonds achètent les titres avec une grosse décote puis la revendent en empochant de très conséquentes plus-values lorsque la décote diminue. Et ce fonds a été souscrit en majorité par de modestes fonctionnaires californiens, à travers leur fonds de pension : la retraite des salariés (on comprend mieux pourquoi les pouvoirs politiques diminuent la retraite sécu et poussent à la retraite complémentaire par capitalisation).

La commission de Bruxelles et la BCE a pérennisé le plus grand transfert de la dette privée vers la dette publique. Voilà la vraie lutte des classes, depuis 2008, la BCE a mis à la disposition des banques, instituts hypothécaires et hedges fonds européens 4600 milliards d’euros. Dans la même période, la Fed’, la banque centrale américaine, a mis, sans en informer le congrès américain, à la disposition des instituts financiers 16.000 milliards de $.

Qu’est-ce qu’il y a derrière des produits financiers opaques et incompréhensibles qui ne reposent sur rien de réel, et qui dépendent simplement d’un système de notation, lui-même rémunéré par des fonds d’investissement ?

Les banques ont cette possibilité de vendre des produits financiers qu’elles ont elles-mêmes inventés et mis sur le marché.

Les investisseurs sont encouragés dans leurs comportements car ils sont récompensés par le gain d’argent : plus ils en gagnent et plus ils sont puissants. Et lorsqu’il manque de l’argent, on parle de « sauvetage des banques », et le monde politique trouve des solutions en puisant sur les contribuables.

Face à ces constats odieux, y a-t-il d’autres solutions que de quitter ce système afin de ne plus en dépendre (en réussissant à s’organiser pour l’alimentation, l’énergie, le logement, etc.), et de laisser ce monde de la finance s’autodétruire, est-ce possible ?

Claudio Tennant

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