POUR ET AVEC VITTORIO

Posté le 18 avril, 2012 dans Moyen Orient


Nous étions plus de cinquante, ce dimanche 15 avril, au siège historique des « Garibaldiens » de Paris qui héberge aussi la section de l’Association Nationale Partisans d’Italie « Carlo et Nello Rosselli »: camarades de l’Association « Carlo Giuliani », nouveaux partisans, Palestiniens, Italiens, Français, pour nous souvenir de Vittorio Arrigoni, un an après son assassinat, et témoigner de notre engagement à poursuivre sa bataille aux côtés du peuple palestinien à qui l’on vole sa terre, la mer qui la borde et jusqu’à la vue sur le ciel qui la surplombe, un ciel d’où pleut la mort au quotidien.
Nous avons pu écouter la voix de la mère de Vittorio, Egidia Beretta, maire de Bulciago, lire ses textes, nous avons pu entendre les enfants de Gaza chanter Bella Ciao et, pour une fois, en les voyant brandir le drapeau italien, nous nous sommes sentis fiers d’être du même pays que Vittorio Arrigoni, habitués que nous sommes à le voir représenter depuis vingt ans, au moins officiellement, par un satyre sur le retour au visage de cire, entouré d’une cour de voleurs.
Dans la petite salle, pleine de jeunes, les textes de Vittorio ont démontré leur vitalité, sa vitalité, nous ont redonné la certitude que sa lutte, notre lutte, n’a pas été et n’est pas inutile, que nous sommes du bon côté, que son corps est encore là, à servir de bouclier aux pêcheurs de Gaza qui essaient de sortir en mer, là où ont péché depuis des siècles, leurs pères et les pères de leurs pères.
Le témoignage le plus touchant fut celui de ce jeune Palestinien, étudiant en France, qui a connu Vittorio et nous a raconté que circule à Gaza une petite histoire qui dit que si Vittorio s’était présenté aux élections il aurait largement gagné, surtout si les enfants avaient eu le droit de vote…
Un membre de ISM France (International Solidarity Movement) a témoigné du traitement réservé à ceux qui viennent du monde entier tenter de porter secours à la population de Gaza, d’en apaiser la faim et la soif, de permettre le secours aux blessés, le soin aux malades. L’armée israélienne, avec la complicité des « démocraties » occidentales, a bouclé un million et demi de personnes dans la Bande de Gaza, en bloquant les accès terrestres, aériens et maritimes. Forcer ces barrages signifie risquer sa vie et parfois la perdre et ceux qui réussissent à passer se retrouvent dans les prisons israéliennes pendant des heures et des journées entières et en sortent avec l’interdiction d’entrer en terre de Palestine, devenue Etat d’Israël.
La présence d’une camarade libanaise nous a permis d’entendre en traduction simultanée, de l’arabe eu français, un témoignage en direct, relié par Skype. Le son de cette langue, lointaine et incompréhensible à la plupart d’entre nous, a contribué à nous rapprocher du peuple palestinien, à percevoir les sons qui leur sont familiers, à nous permettre de nous sentir un peu plus à Gaza.
Personne ne nourrit de doute sur l’identité de ceux qui ont armé la main des assassins de Vittorio, ils sont, comme leur acte, étrangers au peuple palestinien, à son histoire et à sa culture, et cet assassinat est à mettre au compte des occupants et de leurs alliés européens, en particulier de l’Italie, dont le gouvernement était dirigé, en avril 2011, par Silvio Berlusconi, bon ami de Benjamin Netanyahou.
Le procès des assassins de Vittorio est une triste farce et l’Italie, si active dans la protection de ses militaires en Inde, n’est pas apparue au tribunal, même pas par la présence d’un observateur. Le gouvernement, le président de la République n’ont pas répondu à la lettre de Egidia. Le père de Vittorio est mort quelques mois après son fils, Palestinien entre les Palestiniens.
A Gaza, un nouveau puits destiné à 20 000 familles de réfugiés sera dédié à Vittorio.
Restons humains
Paris, le 17 avril 2012.
Circolo Carlo Giuliani Paris et A.N.P.I Paris

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