La Mémoire ne s’efface pas

Posté le 1 février, 2013 dans Résistance

Pour les promoteurs du colloque organisé samedi 2 février 2013 à l’université Paris1 Panthéon-Sorbonne, Giovanni Gentile fut un grand philosophe du XX° siècle, refondateur du lycée italien sous le fascisme, qui termina tragiquement ses jours,  payant le prix de ses erreurs politiques en faveur de la dictature, au moment de la guerre civile de libération en 1944.
Pour les antifascistes italiens et pour les militants de la section de l’Association Nationale des Partisans d’Italie « Carlo et Nello Rosselli » de Paris, les prises de position du « philosophe du fascisme », comme se définissait lui-même l’auteur de la « Doctrine du fascisme« , partisan de l’intervention de l’Italie dans la Première guerre mondiale et ministre de l’Education Nationale du gouvernement Mussolini entre 1922 et 1924, ne sont pas de simples « erreurs politiques » mais un choix bien précis qu’il effectua en adhérant au Parti national fasciste dés 1923, en rédigeant la Manifeste des intellectuels fascistes et en fondant l’Institut national fasciste de la culture.

Mais ce n’est pas tout.  Les idées qu’expose Giovanni Gentile dans son Discours aux Italiens de juin 1943 deviennent en septembre de la même année le fondement de la République sociale italienne, tristement connue sous le nom de République de Salo’, le régime fantoche au service de l’Allemagne nazie, responsable d’atrocités inouïes, soutenu publiquement par le philosophe, qui accepte la présidence de l’Académie d’Italie. Giovanni Gentile qui considère l’Etat comme l’unique détenteur de l’autorité, auquel l’individu doit se soumettre dans la mesure où l’individualité n’a aucun sens en dehors de l’Etat, justifie le totalitarisme et est un des principaux responsables de l’infâme dictature fasciste.

C’est la raison pour laquelle dire, comme le font les organisateurs de ce colloque, que Giovanni Gentile a été « assassiné par une bande de partisans, victime de la guerre civile » est tendancieux. La vérité historique, qu’il est bon de rappeler aux savants participants de ce colloque, est que Giovanni Gentile fut condamné à mort et exécuté par la Résistance italienne le 15 avril 1944 pour avoir inspiré et soutenu un régime raciste et antisémite, responsable de l’abolition des libertés démocratiques, des immenses deuils provoqués par la guerre et à la solde de l’occupant allemand.

Non, la mémoire ne s’efface pas.

Antifascistes italiens à Paris

Association Nationale des Partisans d’Italie – Section « Carlo et Nello Rosselli » de Paris

Paris, le 2 février 2013

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