Débat houleux autour de l’abolition de l’esclavage

Posté le 30 juin, 2014 dans Immigration - Intégration

Le 10 mai est devenu Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions. Jeudi soir, à l’issue du conseil municipal de Melun, Bénédicte Monville De Cecco (EELV) a déploré que la ville n’ait pas marqué cette commémoration.

Dans la salle où planait une certaine émotion, l’élue évoque ses aïeux de Martinique, cite le poète Aimé Césaire. ..

Le public et ses collègues de l’opposition l’applaudissent.

Mais pour le maire de Melun, il faut laisser ces problèmes aux historiens « Un pays qui ne vit que dans les commémorations est un pays qui n’assume pas son passé ou l’assume de telle façon qu’il y perd le sens de l’avenir pour être dans la repentance », avance Gérard Millet (UMP).

Et de poursuivre : « Nous avons un problème d’intégration en France.

Comment voulez-vous qu’on intègre ces populations si on leur raconte que les Français ont des ancêtres qui se sont comportés comme des salauds ?

Cela va à l’encontre de ce qu’on veut, une intégration harmonieuse.

Il ne s’agit pas de nier qu’il y a eu des moments peu glorieux.

Mais il faut laisser cela aux historiens ».

L’élu cite les paroles du président du Bénin, venu à Melun à propos de l’esclavage. « Il a dit, C’est une question complexe. Il faut bien reconnaître que c’est nous qui vendions nos propres frères.

J’ai trouvé cette remarque intelligente ».

Pour Bénédicte Monville De Cecco, ces paroles sont « extrêmement choquantes ».

« On commémore actuellement le centenaire de la Première Guerre mondiale, la Shoah, etc.

Il s’agit d’avoir une meilleure compréhension de nous-mêmes.

La Martinique est française depuis 1635, bien avant l’Alsace et la Lorraine », réplique-t-elle, avant d’évoquer son grand-père, trois fois bâtonnier, chevalier de la Légion d’honneur.

« Je me suis parfaitement intégrée.

On se doit de faire en sorte que ces sujets soient déminés.

Retirons-les à ceux qui les instrumentalisent.

Rendons-les intelligents  ! », martèle l’élue d’opposition.

Sophie Bordier |

Le Parisien 28 juin 2014

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