Arrêter des personnes en exil 40 ans plus tard est une honte pour l’image internationale de la France et l’illusion que la France a de soi même (pays des droits de l’Homme, de la liberté etc.). L’État français revient sur sa politique à la demande d’un autre État, alors que les procédures utilisées pour imposer les peines se présentaient incompatibles avec les principes de l’État de droit.

Rien n’a changé dans le droit italien au cours de ces 40 dernières années. Au contraire, l’État italien a aggravé sa compression du droit de la défense.

Aucun.e de ces exilé.e.s n’a pas été impliqué.e.s dans un quelconque acte reprochable par la justice durant cette période (40 ans, en fait!). De plus, on parle de personnes désormais âgées, toutes proches de 70 ans, qui ne représentent pas vraiment un danger pour qui que ce soit.

Après l’audience de jeudi au Tribunal de la Cour d’Appel, la justice française a decidé différents degrés de liberté surveillée, en attendant le début des audiences pour chacun d’entre eux devant la Chambre de l’Instruction pour examiner la demande d’extradition envers l’Italie.

L’empressement de l’Italie à se venger est déjà incompréhensible en soi, sur le plan historique et juridique. Mais que la France déchire la “doctrine Mitterrand” pour les réfugiés politiques de n’importe quel pays, sans aucune raison, est un précédent dangereux et honteux.

Après la demande de l’Italie, les demandes de certains régimes dictatoriaux d’Amérique latine, d’Afrique ou d’Asie seront-elles également satisfaites? Quelle sera la nouvelle limite? Et comment les réfugiés d’un pays peuvent-ils être sûrs que le gouvernement français ne les extradera pas pour de basses raisons de “bon voisinage”?

Liberté totale pour les exilé.e.s italien.ne.s arrêté.e.s sans raison après 40 ans! Pour la fin immédiate de toute persécution judiciaire!
La France doit réaffirmer les principes de la “doctrine Mitterrand” et arrêter cette barbarie vindicative!

Comité de soutien des exilé-es italiens

1er mai 2021

 

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